Fiche Auteur

FILIU Jean-Pierre

BD

Biographie

Né en 1961, Jean-Pierre Filiu est aujourd’hui spécialiste de l’Islam contemporain et enseigne à Sciences Po Paris en français, anglais et arabe au sein de la chaire Moyen-Orient Méditerranée depuis 2006. Membre du département d’Histoire, il est également professeur au sein de l’Ecole des Affaires internationales. Lauréat de Sciences Po en 1981, il est diplômé de l’Institut national de langues et civilisations orientales. Il a obtenu un doctorat en histoire de Sciences Po (1985) et l’habilitation à diriger des recherches (2008), a été professeur invité dans les universités américaines de Columbia et de Georgetown, est membre du comité scientifique de la Maison méditerranéenne des Sciences de l’homme et du Comité d’orientation de l’Annuaire de la méditerranée. Il rejoint le CERI (Centre d’Etudes et de Recherches Internationales) en 2009. Il a également travaillé dans la région en tant que conseiller aux Affaires Etrangères en Jordanie, Syrie et Tunisie. La tradition islamique et ses extrémismes actuels - littérature millénariste dans le monde arabo-musulman ou encore Al-Qaïda - sont autant de thèmes traités dans ses publications.


Source : http://www.ceri-sciencespo.com


Bibliographie

 

2005        Mitterrand et la Palestine, Fayard
2006        Les frontières du jihad, Fayard
2008        Mai 68 à l'ORTF, Nouveau Monde
2008        L'Apocalypse dans l'Islam, Fayard   
2009        Les Neuf Vies d'Al-Qaïda, Fayard
2011       Les meilleurs ennemis, Futuropolis, dessin de David B.
2011        La Révolution arabe, Fayard


Les meilleurs ennemis, une histoire des relations entre les Etats-Unis et le Moyen-Orient. Tome 1, Futuropolis, août 2011, 120 p. Dessin de David B

C’est par une parabole sur l’aspect inéluctable des conflits qui secoueront l’Occident et le Moyen-Orient, que David B. et Jean-Pierre Filiu introduisent leur récit. La mise en image d’un des plus anciens textes retrouvés à ce jour, qui raconte comment pour défendre la paix de son pays, la sécurité de son peuple et garantir les espoirs de l’humanité toute entière, un roi décide, contre l’avis des anciens et des dieux, de partir combattre le démon Houmbaba, qui surement un jour n’aurait pas manqué de mettre en péril leur monde. Pendant des siècles, pirates chrétiens et musulmans se sont affrontés en Méditerranée. À la fin du 15e siècle, profitant de la dynamique des conquêtes ottomanes, les Musulmans prennent le dessus. Au 16e, leur flotte subit une écrasante défaite et c’est la fin de leur entreprise de conquête du bassin méditerranéen. En revanche, au cours des 17e et 18e siècles, les navires français, espagnols et anglais, toujours dans une volonté d’expansion de leur empire, poursuivent cette guerre de course. À la fin du 18e, ces trois grandes puissances navales signent des traités en échange de tributs. Les pirates musulmans se rabattent alors sur de plus petits états comme le Danemark, la Hollande et… l'Amérique, devenu récemment un état indépendant. Toutes les premières négociations échouent. En 1803, Jefferson, troisième président des États-Unis, en obtenant du congrès les moyens matériels et législatifs, pense faire céder définitivement le pacha de Tripoli. C’est l’inverse qui se produit, la Libye appelle toutes les autres régences, à la guerre sainte contre les Américains ! Ce n’est quand 1830, avec nombre de traités signés, que prendra fin la piraterie barbaresque en Méditerranée. Débutent alors les enjeux et tractations pétrolières, dont l’accord stratégique entre le président Roosevelt et le roi d’Arabie Saoudite Ibn Saoud, et le coup d’état américain en 1953, en Iran, contre Mossadegh…Source : Futuropolis

La Révolution arabe, Fayard, septembre 2011, 264 p.

Depuis la chute des présidents Ben Ali et Moubarak, pas un pays arabe n’est épargné par un vent de contestation qui, à défaut d’être irrésistible, laissera partout des traces irréversibles. Ce livre représente la première tentative d’interprétation de ce bouleversement historique et s’efforce d’en tirer dès maintenant un certain nombre de leçons, qui battent en brèche bien des idées reçues. Non, l’islam n’est pas le facteur systématique d’explication des comportements politiques. Oui, la jeunesse est en première ligne, elle conteste à tous les niveaux le système patriarcal. Non, l’alternative à la démocratie n’est plus la dictature, c’est le chaos, un chaos déchaîné par les nervis des régimes autoritaires et iniques. Oui, on peut gagner sans chef. La rupture est radicale avec toute une culture du leader charismatique, alors que s’affirme une forme très avancée d’autodiscipline citoyenne. Non, il n’y aura pas d’effet domino, ni d’entraînement mécanique d’un pays à l’autre. Dans chaque pays, cette Révolution arabe se déclinera à chaque fois dans le cadre de l’État moderne et des frontières postcoloniales, les régimes ayant le choix entre la réforme substantielle ou la violence suicidaire. Nous ne sommes qu’au début d’une seconde renaissance qui, en écho à la Nahda du XIXe siècle (menée, déjà, par la Tunisie et l’Égypte), cherche à renouer avec les promesses des Lumières arabes. Source : Fayard