Antoine Compagnon est né en 1950 à Bruxelles. Il est docteur d'État ès lettres, titulaire de la chaire de littérature moderne et contemporaine au Collège de France, et enseigne à l'Université Columbia (New York) et à la Sorbonne. A la fois héritier et critique du structuralisme, il a publié plusieurs ouvrages de théorie et d'histoire littéraires.
Il fait partie depuis mars 2006 du Haut Conseil de l'éducation et a été élu en avril 2006 professeur au Collège de France. A partir de 2009, il fait partie du jury du prix de la Bibliothèque Nationale de France.
Durant son séjour à Beyrouth, outre sa participation au Salon, Antoine Compagnon assurera trois séminaires de littérature française à l'USJ, invité par le professeur Nayla Tamraz.
2005 Les Antimodernes : De Joseph de Maistre à Roland Barthes, Gallimard
2008 Que reste-t-il de la culture française ? Suivi de Le souci de la grandeur. Denoël
2009 Le cas Bernard Faÿ : Du Collège de France à l'indignité nationale, Gallimard
Longtemps, la France et sa culture n’ont fait qu’un, la grandeur de l’une servait le rayonnement de l’autre. Au centre de l’attention, les artistes français jouissaient d’un prestige sans égal. De cette gloire passée ne restent aujourd’hui que nombrilisme, nostalgie et frilosité. C’est le constat désabusé auquel est arrivé Donald Morrison, Américain de Paris, au terme d’une minutieuse enquête sur la place de la culture française dans le monde. La créativité de ses artistes a beau être indéniable, l’influence – spectrale – et le poids – dérisoire – de la France dans les échanges culturels sont là pour montrer que notre culture ne parle plus au monde. Pour preuve, les romans, films et pièces de théâtre venus de France rencontrent, au mieux, l’indifférence quand ils parviennent à s’exporter tandis que nos peintres, photographes et musiciens contemporains sont à peine connus à l’étranger. Une déchéance qui, finalement, convient bien à la mentalité nationale, prompte à la déploration et à l’apitoiement. En réponse à Donald Morrison, Antoine Compagnon souligne ainsi une certaine ambivalence de la culture française, encore capable du meilleur mais comme paralysée par le souci de sa propre grandeur. Sans doute la France gagnerait-elle à relativiser la place qu’elle s’imagine être la sienne sur la scène culturelle mondiale. Mais encore faudrait-il qu’elle cesse de vouloir régler leur compte aux États-Unis et à leur insolence culturelle. Si le débat sur la vitalité de la culture française n’est pas près d’être clos, au moins cet échange salutaire entre Donald Morrison et Antoine Compagnon peut-il nous aider à mieux comprendre le regard que le monde porte sur la France et, donc, à mieux nous connaître. Source : Denoël
