Née en 1955, Noëlle Châtelet est militante au sein de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité. Elle est également la sœur de l'ancien Premier ministre Lionel Jospin. Comédienne dans de nombreux films à la télévision et au cinéma tels que Les Autres et La Banquière, elle devient directrice de l'Institut français de Florence de 1989 à 1991 et co-présidente de la Maison des écrivains de Paris de 1995 à 1999. Elle écrit de nombreux romans et nouvelles et intègre l'Université de Paris V-René Descartes comme professeur de communication. Elle est également vice-présidente de la Société des Gens de Lettres.
Noëlle Châtelet a reçu le Prix Goncourt de la Nouvelle pour Histoire de bouches, en 1987, le Prix Anna de Noailles de l'Académie française pour La Dame en bleu en 1996 et le Prix Renaudot des lycéens pour La Dernière leçon, en 2004. Elle est nommée Chevalier de la Légion d'honneur le 12 avril 2009.
Sources: Evène et Stock
1986 Histoires de bouches, Mercure de France, 206 p.
1991 La Courte échelle, Gallimard, 186 p.
1996 La Dame en bleu, Stock, 144 p.
1997 Le Corps à corps culinaire, Seuil, 183 p.
1997 La Femme coquelicot, Stock, 168 p.
1998 Corps sur mesure, Seuil, 293 p.
1999 La Petite aux tournesols, Stock, 208 p.
2004 La Dernière leçon, Seuil, 180 p.
2009 Au Pays des vermeilles, Seuil, 171 p.
Dépasser les a priori, la morale habituelle, revenir sur les préjugés, les procès hâtifs que Sade a lui-même entretenus et exacerbés, par ses provocations et sa complaisance dans la cruauté, c’est l’objectif de cet entretien sans complaisance, qui puise son contenu dans l’ensemble de l’œuvre et notamment la correspondance. Mis à la question par Noëlle Châtelet, Sade s’inscrit dans l’aventure intellectuelle du siècle des Lumières, dans la lignée de ces hommes de sensibilité et de raison que préoccupe le devenir de l’humanité. Comme eux, il se plaît à « disserter » sur les grandes questions du siècle : le despotisme, la religion, la place de l’homme dans la nature et la matière, la relativité des lois, les méfaits possibles de la Civilisation, la liberté sexuelle des femmes, la suppression de la peine de mort, l’exigence d’une laïcité toujours réaffirmée, la nécessité d’une remise en cause des morales individuelles et collectives. En faisant parler Sade aujourd’hui, deux siècles après sa mort, c’est un autre éclairage sur sa pensée que propose Noëlle Châtelet. Et qui pourra nier, en ce début du XXIe siècle, que ce constat philosophique du Sade de Noëlle Châtelet, selon lequel ni les lois, ni la raison ne semblent en mesure de réguler nos pulsions, n’est pas terriblement d’actualité ? Source : Plon
